Notes pour avril 2008
Yepa, j’ai franchi le millier de visiteurs… C’est pas le sujet du jour mais ça me fait drôlement plaisir qu’autant de gens visitent mon blog.
Le sujet du jour, c’est l’Afrique, sujet inspiré par la visite au splendide showroom Boffi pendant mon séjour à Milan. Bien sur, les cuisines et salles de bain de Boffi sont sublimes (mais à quels prix…) mais j’ai surtout retenu un des rares détails de décoration présents dans le showroom : à plusieurs reprises, on trouvait un tabouret ou une chaise africaine, qui créaient un contraste vraiment élégant avec l’aspect très lisse des équipements Boffi…
Et je me suis découvert fan d’artisanat africain. J’avais encore cette vieille image de l’artisanat africain comme un truc super cheap en matière de déco, tout juste bon comme « souvenirs de colonisation pour seniors »/ « souvenirs de vacances au Sénégal pour beaufs »/ « déco djeuns tendance parvis de Beaubourg »… Bref, si vous me suivez, c’était pas vraiment mon trip.
Mais là chez Boffi, c’était simple et génial…
Ce qui m’a rappelé que Diane Von Furstenberg avait également dans son appartement des fauteuils dans un tissu qui paraissait africain. Petite recherche menée : c’est de la broderie Msinga, et les couleurs sont toujours aussi sublimes que sur les fauteuils de DVF.
En bref, ce qui me plait dans l’artisanat africain, c’est qu’il n’y a pas le côté déco mode ultra-consensuelle qu’on trouve avec l’artisanat asiatique… Le teck, les boudhas, le wengé, ça me fatigue pas mal. Alors que certaines pièces africaines paraissent beaucoup plus nouvelles car moins vues : attention, s’agit d’y aller super précautionneusement, sinon effet cheap garanti. Moi je dirais qu’il faut éviter les masques, sauf si on a de vraies pièces. Et dans tous les cas, il faut décaler à fond – les pièces africaines type tabourets, fauteuils… ont un côté sévère donc je les verrais bien avec du contemporain, avec du Louis XIII éventuellement, pour un intérieur masculin, éclectique et cultivé… En plus, pleins de pièces sont encore pas très chères donc on n’hésite plus, on achète !
J’allais oublier – le mieux pour se renseigner c’est vraiment d’aller découvrir le très beau musée du Quai Branly bien sur.
Petit retour sur mon deuxième post de vendredi . Voir des horreurs comme il est donné d’en voir dans ce type de foires amène à s’interroger sur la frontière très fine entre bon et mauvais goût… Ce que je trouvais vraiment moche dans les stands photographiés à Milan était l’absolu manque de second degré par rapport à l’idée du luxe. Le raisonnement était un peu trop transparent : « je suis riche – je veux le montrer – je veux du doré et de l’ancien (faux, ça brille plus) chez moi »… Pas de mal à montrer son argent (si on accepte l’idée que la réussite passe par la réussite professionnelle), mais il y a des moyens peut être un chouilla plus subtils… sinon pourquoi ne pas faire sienne l’idée de Warhol :
« Supposons que vous soyez sur le point d’acheter un tableau à 200 000 dollars. A mon avis, vous feriez mieux de prendre cet argent, d’en faire une liasse et de l’accrocher au mur. Quand on vous rendrait visite, la première chose qu’on verrait serait l’argent sur le mur “
Toutefois à l’opposé, je ne suis vraiment pas fan d’une sorte de bon goût parfait, un peu paupériste, soit du beige + du wengé (même si ça commence à faire furieusement 90s) + touche Années 50 indispensable depuis 5 ans … il suffit de voir la montée des prix du trio Prouvé/Perriand/Mouille qui n’avait rien demandé – les malheureux avaient des ambitions sociales à l’époque, ils ne savaient pas que leurs créations finiraient par incarner le nec plus ultra de la déco tendance et ne seraient jamais un ameublement pour la masse…
… J’ai toujours l’impression que les gens meublés ainsi n’ont pas d’histoire qui leur est propre tant leur cadre de vie ne sert qu’à refléter les histoires de papier glacé – on n’a pas de vie si son intérieur n’est que la copie d’un shooting de magazine de mode, non ?…
Un peu de mauvais goût, de kitsch, d’incongruité est par excellence ce qui donne de la personnalité à un intérieur. Si on oublie le bon et le mauvais goût, on découvre des merveilles aussi bien dans le mobilier ancien que dans le design contemporain… Toute une partie du mobilier qui a pu être dénigrée à un moment comme vraiment kitsch est ainsi progressivement redécouverte…
En bref si comme moi vous croyez qu’un intérieur est un reflet relativement fidèle de la personnalité, ça me semble pas mal de montrer que votre personnalité n’est pas calquée sur le voisin, aussi « bon » soit le goût ce celui-ci…
Bien suivi la visite de Nicolas et Carla à Londres (ok c’est déjà old news mais j’avais oublié d’en parler avant)… J’avoue que les aspects diplomatiques du voyage me sont un peu passés au dessus, mais les tenues de Carla ont retenu toute mon attention. L’article du monde sur le dîner au château de Windsor était particulièrement drôle… et accompagné d’une photo de la grandiose salle à manger lors du dîner.
Non je ne rêve pas d’habiter à Windsor (je me ferais chier comme un rat dans ce bled à 50 bornes de Londres), mais j’avoue que je suis complètement baba devant l’ampleur d’une grande salle à manger. Une table de 200 places, c’est peut-être un poil over the top mais ça a de la gueule. Et finalement, on peut très bien recréer cette impression dans son chez soi pour pas si cher que ça (non non, je ne suis pas ironique).
Au demeurant, le principe de la salle à manger est totalement anachronique, vu qu’il date du XIXème et avait du sens alors, vu que les repas étaient amenés à la salle à manger par les domestiques. Forcément aujourd’hui, comme on n’a plus de domestique, ça veut dire qu’on va passer tout son temps à faire l’aller retour cuisine-Salle à manger. Donc moi je suggèrerais de créer une cuisine-salle à manger, et non je ne dis pas de mettre une table à dîner dans la cuisine mais plutôt de cantonner l’espace cuisine (derrière un bar par exemple) pour conserver une vraie salle à manger.
Et une vraie salle à manger, ça exige un vrai assortiment de chaises. Peu importe qu’on ne soit que 2 le plus souvent à dîner, un ensemble de 8 ou 10 chaises, c’est super joli, et tellement agréable quand on veut recevoir. Alors que 4 chaises sont le plus souvent tristes si elles sont ordinaires, un ensemble de 8 donne un effet beaucoup plus luxueux sans grosse dépense supplémentaire ni en termes d’espace ni de budget.
Alors quand on a la place, pourquoi se priver de faire Windsor à la maison ?
… J’aurais même du dire le musée du kitsch sans humour. Et oui, j’étais naif en arrivant au salone del mobile - je pensais que tout n’y était que luxe, innovation et design… et ben nan… loin de là . Il y presque 20 halls et plus de la moitié constituent une sorte de musée des horreurs de la décoration d’intérieur.
La recette:
- Un peu de la maison de Scarlett O’Hara et Rhett Butler dans “Autant en emporte le vent”
- un peu du palais du sultan de Brunei
- un peu de celui de Donald Trump
- un peu de l’esprit “bar à hotesses à Pattaya”
- et bien sur BEAUCOUP de dorure
et hop l’affaire est dans le sac, nous voici une déco ostentatoirement luxueuse, totalament internationale, donc parfaite pour Moscou, Abu Dhabi ou Singapour… J’avoue quand même que je me suis bien amusé à passer entre les stands.
Bon WE!



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