Notes pour mai 2008
Après l’Affordable Art Fair au lunch break, j’ai voulu voir des trucs pas du tout affordable : les antiquités du Carré Rive Gauche. C’était le gros apéro de l’été (de 18h à 23h) avec mousseux à l’œil à tous les coins de rue, galeries ouvertes à tous, et en plus c’était vraiment l’été : il faisait soleil.
Malgré ma grande dévotion à mon blog, j’ai pas été ultra-consciencieux, parce que le Champomy m’a vite tapé sur le ciboulot… donc j’ai du faire un gros tiers des galeries mais déjà , j’en ai pris pleins les mirettes.
Et je vous le dis – faut vraiment y aller : pas pour acheter forcément – « si vous demandez le prix, c’est que vous ne pouvez pas vous le payer ». Mais quel plaisir de pouvoir visiter toutes ces galeries, et de voir autant de diversité. Bien sur, d’ordinaire, rien n’interdit d’y rentrer également, mais c’est drôlement plus intimidant, vu qu’on y est en général seul… Alors que là on rentre et on sort, les portes sont ouvertes, c’est super.
Mes coups de foudre :
- Chez L (et il faut visiter le site de sa très bonne galerie !) : une paire de masques en bronze représentant la comédie et la tragédie – de Francisco Rébajes (1906-1985)
- Chez Eric Allart, des miroirs créés par lui – sublimes, intemporels
- Chez Gladys Mougin : l’ensemble de ce qu’elle a, juste parce que tout est beau et très inattendu… mais je suis particulièrement fan du travail de Laurence Montano
- Mais je dois avouer que là où je me serais installé direct, c’est chez Camoin-Demachy (j’ai déjà parlé de ma fixette sur Alain Demachy en début de semaine)… Sa galerie est installée au premier étage d’un immeuble époustouflant du Quai Voltaire, avec vue sur le Louvre, donc c’est un des plus beaux appartements de Paris… et surtout, il n’y a pas un meuble qui ne soit une pièce d’exception… On couvre plusieurs siècles du XVIIème au XXème… Inoui… A visiter comme un musée… mieux qu’un musée en fait… car plus charmant et moins convenu…
Carré Rive Gauche, le meilleur de l’art
Du vendredi 30 mai au dimanche 1er juin 2008
Vernissage le jeudi 29 mai de 18h à 23h
Du vendredi au samedi de 11h à 21h
Le dimanche de 11h à 18h
Lieu : Quai Voltaire, Rue de Lille, Rue de Verneuil, Rue des Saints-Pères, rue de Beaune… - Paris 7
Grandes publicités dans le métro : The Affordable Art Fair… Pas loin de mon boulot donc ça mérite une petite visite… C’est la première édition de cette foire à Paris mais le concept a déjà remporté un grand succès depuis plusieurs années à Londres, New York, Sydney, Amsterdam, Melbourne et Bristol…
On note le nom pragmatique : « Affordable Art Fair » - soit la foire de l’art abordable – esprit « l’art c’est branché, j’en veux mais pas trop cher »… On va pas être snob et on va dire que l’initiative est… sympathique….
Arrivée à l’espace Champerret : en sous-sol, un grand espace en béton (au demeurant pas vraiment pire que le Parc des Expositions où la FIAC s’est tenue pendant des années). On en fait vite le tour : 60/70 galeries de toute l’Europe…
Et ben c’est pas si mal… Soyons clair : la moitié des galeries sont tout à fait répugnantes – niveau galerie de village touristique (les mêmes à Deauville, Saint Paul de Vence…), soit du très coloré, des assemblages étranges ou du faux figuratif…
La moitié restante en revanche se défend pas trop mal… Attention on n’est pas là pour découvrir le futur Bacon – mais il y a de la qualité.
Un premier choc tout de même : que de copies ! Pour peu qu’on connaisse pas trop mal l’art contemporain, ça peut être un jeu en soi de reconnaitre les « inspirations ». Croisés : faux Wesselman (pop art sexy), faux Peter Beard (photos d’Afrique retravaillées), faux Massimo Vitali (piste de ski – lumière surexposée), faux Elisabeth Peyton… certains d’ailleurs pas mal faits, donc très bien si on est plus intéressé par l’effet rendu au dessus du canapé que par le talent de l’artiste.
Et quelques galeries présentent des œuvres vraiment intéressantes à des prix raisonnables :
- Œuvres assez classiques à Edgar Modern
- Plus contemporain chez Will’s Art Warehouse – coup de foudre pour de petits oiseaux en céramique par Guy Holder, très bon marché (autour de 300€) – pour peu qu’on en achète 3, c’est idéal pour créer une deco baroque dans un esprit à la
- Et chez Envie d’art, également des œuvres à prix accessibles dont des gravures adorables et très bon marché (moins de 100€) de Atsuko Ishi
Une petite remarque enfin : tout n’est pas si bon marché – payer plus de 2000€ pour un artiste de troisième ordre, dans une galerie du même acabit, c’est très cher… Pour moins de 5000€, on trouve aussi des œuvres intéressantes (dessins mais aussi photo ou peintures) dans des galeries de grande qualité… Il suffit d’aller dans les galeries du Marais, du XIIIème et de ne pas hésiter à demander quand on est intéressé… Certes cela peut paraitre plus intimidant que dans une foire où les prix sont écrits mais acheter de l’art, ça mérite un petit effort et un peu de temps, non ?
Espace Champerret
Place de la Porte de Champerret
75017 – Paris
29 Mai – 1er Juin 2008
F est un très bon ami. F est aussi à n’en pas douter une personne de goût. Mais F a parfois le don de me saouler gravement… Nous dinions un de ces soirs, et je disais que je fantasmais sur le fait d’avoir un « mouton » des Lalanne (dont j’ai déjà parlé dans le post du 2 Avril), et le lascar me décoche que ça l’étonne pas, que voui je suis snob (même pas vrai), que je veux que des trucs signés, que j’apprécie pas vraiment les arts décoratifs (genre pas comme lui)… J’ai bien failli lui foutre la fête dans son tartare au gugusse.
Faut avouer qu’il y a un fond de vérité quand même : si les signatures me font fantasmer, c’est avant tout car elles permettent de donner une histoire à l’objet… mais surtout, je peux aimer des choses à petit prix, sans signature prestigieuse…
J’ai d’ailleurs eu un coup de foudre récemment pour une lampe que j’ai aperçue dans un magasin d’optique devant lequel je passe quasiment tous les jours en allant travailler. Ceux qui lisent mon blog savent que je suis en plein délire sur les arts décoratifs des années 70. Et un nom m’attire particulièrement : Maison Charles, une société encore en activité aujourd’hui (leur catalogue en ligne est très complet), connue surtout pour ses lampes en acier en formes de fruits ou composées de plaques d’acier délicatement courbées. Or cette lampe du magasin d’optique présente des caractéristiques communes avec les lampes en acier Maison Charles des années 70.
Et j’ai assez facilement découvert que la lampe en question venait tout simplement de chez Habitat, et était disponible au prix de 155€ ! Quand il semble difficile d’acquérir une lampe Maison Charles à moins de 1000€ (voire plutôt 4000 ou 5000…), l’alternative Habitat me semble absolument parfaite. Je suis absolument convaincu qu’on verra bientôt fleurir les lampes en acier courbé dans toutes les marques, de Ikea à Ligne Roset, mais en attendant, le modèle de Habitat est d’un genre assez original… Et pour le prix, l’effet est génial : la finition bronze donne une lumière splendide à la lampe, la courbure de l’acier est magnifique, bref une lampe de table sublime à prix raisonnable.
Donc bravo à Habitat (et à la designer Claire Norcross)… et vlan pour F…
… mais ma transe (débutée dans le post précédent) est loin de s’arrêter au canapé oversized de Demachy… parce qu’il y a un autre décorateur dont on peut acquérir des rebuts sublimes dans cette même vente : le grand, l’immense Renzo Mongiardino… D’aucuns diront : « Et qui qu’c’est lui… il travaille avec Valérie Damidot ? »… et je leur répondrai… non je leur répondrais rien d’ailleurs parce que pour ceux là c’est vraiment perdu…
Mais pour les autres, Renzo Mongiardino (1916-1998) est un des plus grands décorateurs du XXème siècle, dont le style était un brillant mélange éclectique, de classicisme et de baroque. J’avais découvert son nom dans un Vogue de 1999 (qui a miraculeusement survécu à mes déménagements), où on le décrivait comme le décorateur des « heureux du monde », des Agnelli à Turin et à New York, d’Onassis à Skorpios, des Thyssen à Lugano et des Rothschild à Paris… Autrement dit, des gens riches mais également de grands collectionneurs dont le goût reste une référence aujourd’hui. C’est très difficile de décrire le style de Mongiardino, car c’est avant tout les références à l’art (arts plastiques mais aussi opéra, poésie…) qui guidaient son travail… pas mal de XIXème, une opulence indéniable, des détails architecturaux ultra sophistiqués… bref je vous laisse admirer… et comprendre en quoi la possibilité d’acquérir un petit meuble conçu par Mongiardino me met en transe…



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