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hansaxel
Un blog pour faire découvrir mes coups de coeur en matiere de décoration, des galeries a Ikea, des antiquités au design ... Mes obsessions du moment : le mobilier en acier de Maria Pergay, la maison de Jacques Grange au Portugal, la moquette de Madeleine Castaing, les plafonds tendus, l'appartement new-yorkais de Julian Schnabel, les decorateurs David Hicks et Renzo Mongiardin...
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Derrière ma porte... > Notes pour novembre 2008

Notes pour novembre 2008

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Vendredi : ma sélection des bons rapports qualité-prix vus en catalogues de vente…

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English text :

Friday : My selection of beautiful pieces at good prices seen in auction houses’ catalogues…

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La galerie Camoin-Demachy est probablement l’un des endroits les plus magiques qu’il soit donné de découvrir à Paris. De l’extérieur, on ne voit que la belle entrée sans soupçonner la galerie elle-même, qui occupe un gigantesque et somptueux espace au premier étage.

Arriver la nuit tombée est particulièrement grisant. Traverser la Seine à pied, sonner pour pouvoir pénétrer, gravir le majestueux escalier…

Je m’avance dans la deuxième pièce où Alain Demachy m’accueille et m’emmène vers son bureau. L’endroit est simple, habillé de deux bureaux blancs et d’une bibliothèque ployant sous les catalogues d’éditeurs de meubles ou de tissus…

Hansaxel : Bonjour Alain. Pourriez-vous d’abord me parler de votre carrière ? Comment êtes-vous devenu décorateur ?

Alain Demachy : Je suis architecte de formation. Lorsque j’étais en école d’architecture, Jean Prouvost [grand patron de presse, créateur entre autres de Paris Match et de Marie Claire] m’a appelé  pour me proposer de m’occuper des pages de décoration dans Marie-Claire, où mon frère, Jean, était directeur artistique. J’avais une quinzaine de pages à concevoir et à réaliser à chaque fois. J’ai proposé deux idées nouvelles. La première parce qu’à l’époque, on ne trouvait que des dessins dans les magazines de mode.  Pour Marie Claire, j’ai tenu à apporter la photographie. La seconde proposition constituait à reconstituer une pièce, que nous décorions entièrement avec des éléments neufs dont on précisait les prix et les points de vente. C’était assez nouveau. Il faut aussi imaginer qu’il y avait beaucoup de moyens – pour une série, on partait parfois à St Tropez plusieurs jours… On s’amusait beaucoup…

Je crois qu’à l’époque, on faisait des bons journaux en se marrant et maintenant, on fait des mauvais journaux simplement parce que personne ne  s’amuse.

Hansaxel : Et donc après, vous êtes devenu décorateur ?

Alain Demachy : Etant architecte, j’ai commencé par construire de petits immeubles, des ponts mais très vite j’ai travaillé pour des particuliers…

Ma formation d’architecte a influé sur ma façon de travailler : j’ai une vision plutôt architecturale de la décoration. C’est l’urbanisme intérieur d’une maison qui m’intéresse – l’architecture intérieure de la maison devant être le reflet de la personnalité des gens qui y habitent.

 

Hansaxel : Vous avez ouvert Carl, une boutique de décoration ? Vers quelle époque ?

Alain Demachy : Ah ne me demandez pas de date je n’en ai aucune idée. J’avais un phantasme de commerçant, donc j’ai ouvert une petite boutique, Carl. On vendait des meubles contemporains, des accessoires…

Puis j’ai rencontré l’antiquaire Didier Aaron qui m’a proposé de monter une affaire. Il avait emménagé Avenue Raymond-Poincaré et il avait un espace libre où j’ai déménagé Carl. On présentait alors le mobilier de David Hicks, De Jon Bannenberg… et on a constitué une vraie maison de décoration à la Jansen en embauchant des dessinateurs comme Jacques Grange qu’on a débauché de chez Henri Samuel.

 

Hansaxel : Et pourquoi Carl a-t-il fermé [au début des années 80] ?

Alain Demachy : On ne s’en occupait plus vraiment : Didier Aaron et moi avions beaucoup de projets, nous n’avions plus le temps.

 

Hansaxel : Pourquoi être devenu antiquaire ?

Alain Demachy : Je ne suis pas antiquaire au départ, mais je fréquentais les antiquaires en tant que décorateur. Les antiquaires étaient pittoresques et intéressants à cette époque. Ils vendaient des choses de grand prix mais dans un esprit différent de maintenant. Cela correspondait à une clientèle aristocratique et cultivée donc pas des gens qui dépenseraient le prix d’une maison pour une commode. Il y avait des gens raffinés, initiés… J’ai travaillé pour les Brantes, les Rothschild…

Beaucoup d’antiquaires aujourd’hui ont découvert que le métier pouvait rapporter énormément.  Beaucoup ne s’intéressent qu’à l’argent et ne sont pas des gens cultivés ou amusants : reconnaître qu’une commode est de telle époque ou de tel ébéniste n’est pas de la culture.

 

Hansaxel : Mais vous ne me parlez que de gens connus? Vous n’aviez pas de clients inconnus ou incultes ?

Alain Demachy : Mais si. Mais on fabriquait son client. A l’époque il y avait des gens qui vivaient dans un monde de raffinement, de sophistication, au milieu de collections d’art incroyables. Et puis il y avait des vagues de gens qui arrivaient mais ceux-ci épousaient la civilisation française.

J’ai ainsi travaillé pour Houphouët –Boigny [père de l’indépendance du Sénégal et président de 1960 à sa mort en 1993].

Et j’ai aussi fait une quinzaine d’hôtels, des bureaux… Je fais en général le concept, pour les bureaux par exemple je m’occupe du hall et des étages de direction en général.

Hansaxel : Il y a des clients que vous refusez?

Alain Demachy : Ça se refuse tout seul en fait. J’ai mon franc parler donc si ça ne se passe pas bien, les gens s’en vont (rires).

Hansaxel : Votre activité se répartit comment entre le métier d’antiquaire et celui de décorateur ?

Alain Demachy : 50/50 à peu près.  Mais je ne mélange pas les deux. Vous comprenez que pour faire acheter à un client un meuble de 1 million d’euros, il faut avoir autorité.  Donc je préfère que mes clients n’achètent rien chez moi.

 

Hansaxel : Je suis toujours étonné par l’éclectisme de votre galerie où on trouve des pièces du XVIIème au XXème. Comment choisissez-vous ce que vous exposez?

Alain Demachy : C’est un rapport affectif quand on recherche un meuble. C’est une question d’envie. Je regarde beaucoup les catalogues de ventes, à Paris et à l’étranger. J’achète chez d’autres antiquaires.

 

Hansaxel : Combien avez-vous de projets en ce moment?

Alain Demachy : Une dizaine. Des clients anciens, d’autres nouveaux.

 

Hansaxel : Toujours dans  un mélange de contemporain et d’antiquités comme vous faisiez dans les années 70 ?

Alain Demachy : Pas forcément. Par exemple, je suis en train de faire un château entièrement XVIIIème. Le château est en réalité du XVIIème mais le client le veut absolument dans un goût XVIIIème ; ça va être splendide. J’ai aussi un hôtel particulier sur le Champ de Mars, entièrement Sécession.

 

Hansaxel : Vos réalisations passaient beaucoup dans la presse dans les années 60/70, mais depuis on n’en voit pour ainsi dire jamais. Pourquoi cela ?

Alain Demachy : Parce que les gens fortunés ne veulent pas qu’on photographie leur maison à cause du fisc et des voleurs. Vous n’aviez pas cela en 1970.

Du coup que voit-on dans les magazines aujourd’hui : des hôtels et des restaurants. Cela peut donner des idées mais ce ne sont pas des intérieurs.

 

Hansaxel : Qui est Camoin dans le nom Camoin-Demachy ?

Alain Demachy : J’avais une petite boutique d’antiquités à l’angle de la rue de la Chaise et de la rue de Grenelle. J’y présentais des choses amusantes, du mobilier anglais… Et comme toujours, c’est le hasard des rencontres qui m’a permis de déménager. Mme Camoin, dont le mari était décédé, avait cette grande galerie qui était une galerie de sculpture. On s’est associé et j’ai emménagé Quai Voltaire.
Au début la galerie s’appelait uniquement Camoin pour ne pas rebuter la clientèle de décorateurs à l’idée d’acheter chez un autre décorateur. Ca se savait que la galerie était à moi mais c’était plus discret. Par la suite j’ai rajouté Demachy.

 

Hansaxel : Parmi les décorateurs, créateurs contemporains, qui appréciez-vous ?

Alain Demachy : Il y a plein de décorateurs qui ont du talent - je ne veux pas dire du bien ou du mal, mais il y a des gens qui sont professionnels et d’autres qui ne le sont pas.

Jacques Grange ou Peter Marino sont très bons. Garcia qu’on critique beaucoup est à mon avis quelqu’un de très cultivé. J’ai vu des appartements qu’il a faits, ce sont des merveilles.

Hansaxel : J’ai commandé votre livre de 1974, Architecture d’Intérieur et décoration, sur amazon mais malheuresuement je ne l’ai pas reçu avant que l’on se rencontre…

Alain Demachy : Ah oui, on en avait vendu 60 000 exemplaires cequi était vraiment bien pour un bouquin assez cher… je volais que ce soit une théorie et non pas un bouquin de décoration… Mais j’ai laissé le choix des images pour la fin pensant que ça serait simple, ce sur quoi je me trompais donc l’iconographie n’est pas très bien…

 

Hansaxel : Très hâte de le recevoir. Merci Alain de m’avoir reçu.

 

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26 Nov.
Art homes
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N’aurais-je pas envie d’une maison dingue en fait ? Je vous vante régulièrement les mérites des couleurs vives, des papiers peints imprimés, mais en fait pourquoi pas aller plus loin encore ? Je me suis ainsi rué sur le numéro de Décembre de The World of Interiors, pour pouvoir admirer la maison de WE du collectionneur d’art contemporain Adam Lindemann, dans l’état de New York.

Celui-ci a acheté une vilaine maison des années 80, juste parce que l’emplacement était beau. Il comptait la faire raser et en reconstruire une, mais finalement, il a proposé à l’artiste Richard Woods d’en faire ce qu’il voulait. Je vous avais déjà parlé de cet artiste dans mon post sur l’éditeur anglais de mobilier Established & Sons. Je suis en effet très fan des meubles en trompe l’œil de bois qu’ils éditent.
Pour la maison de Lindemann, Richard Woods a repris le principe du bois dessiné en motif cartoon pour en couvrir les murs… C’est bluffant… Lindemann dit qu’en plus c’est très vivable pour lui et sa famille…

Autre exemple d’intérieur dingue qui me hante depuis que je l’ai découvert dans un W en 2005 : l’appartement new-yorkais de Tobias Meyer (Directeur du département Art Contemporain chez Sotheby’s), et Mark Fletcher (Art Advisor). L’appartement à la base est déjà sublime de part la vue dont il bénéficie du 66ème étage. Avec cette vue sublime sur Central Park, j’aurais laissé l’appartement assez sobre… C’est le parti contraire qu’ont adopté les propriétaires. L’appartement est entièrement dédié à leur collection d’art contemporain, dont un énorme Warhol (le pistolet), un gigantesque Dollar en néon de Tim Noble et Sue Webster et un impressionnant papier peint de l’artiste Brésilien Assume Vivid Astro Focus qui court dans le salon…  Mais pour moi le plus bluffant est l’idée des propriétaires de recouvrir les murs avec du contreplaqué… Ce qui est drôle est qu’on dirait l’intérieur d’une caisse de transport d’œuvres… Mark Fletcher commente : “J’aime utiliser des matériaux bas de gamme, de manière à ce que les choses puissant changer. Ca n’est pas important qu’il y ait des trous de clous dedans. Il y a de l’espoir dans de côté non-fini du matériau. C’est une expérience, comme l’art vivant est une expérience »… je trouve le principe absolument génial, super chic car visuellement très séduisant et tellement inattendu…

Oui je veux une maison dingue !!

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English text :

I am just wondering whether I actually want a crazy home… I regularly praise the qualities of bright colors, printed wallpapers, but why not going further? I rushed to buy the December issue of  The World of Interiors, which features Contemporary Art collector Adam Lindemann’s country house, in the state of New York.

The latter has bought an ugly 80s house, because the land was exactly what he was looking for. He intended to demolish this house and build a new one, but instead, he chose to let artist Richard Woods “redesign it”. I already told you about Richard Woods in my post about the furniture company Established & Sons. I am indeed a huge fan of their cartonnish-wood furniture.

For Lindemann’s house, Richard Woods used the same pattern to cover the whole house… That’s baffling… and the owner says that it is as well surprisingly easy to live…

Another example of a crazy home which obsessed me since I discovered it in W Magazine in 2005: the NY apartment of Tobias Meyer (Sotheby’s worldwide head of contemporary art), and Mark Fletcher (private art consultant). The apartment in itself is already gorgeous with breathtaking views on Central Park from the 66th floor. Regarding the splendour of the flat, I would have left the decoration quite understated. They did exactly the opposite and it’s gorgeous. The apartment is devoted to exhibit the extraordinary art collection including a big Warhol, a dollar sign from Tim Nobel and Sue Webster and a baffling wallpaper by Brazilian artist Assume Vivid Astro Focus which runs on the drawing room’s wall. To my mind, the craziest part is that all walls are covered with plywood… It really looks like a crate to ship art… “I like using low-grade materials, so things could change,” Fletcher says. “It doesn’t matter if there are nail holes in it. And there is a hopefulness to its unfinished quality. It’s an experiment, just as young art is an experiment.”… The principle is so brilliant, unpretentious, unexpected and thus very chic!

Yeah I badly want a crazy house too!!

1/10
 
 

… Je fustigeais dans un précédent post le concept de « classique du design », tant on nous rebat les oreilles de cette expression idiote : un classique du design n’est pour moi ni un dieu à adorer, ni la garantie « bon goût » d’un intérieur… mais c’est leur versatilité qui donne leur charme à ces meubles… Il en est ainsi pour les chaises Tulipe par Eero Saarinen, éditées par Knoll… On a beau en avoir vu des tombereaux, on ne s’en lasse pas… J’en ai chez moi que mon père avait achetées dans les années 70 et je sais que jamais je ne m’en séparerais tant il est facile de les réintégrer dans quelque décor que ce soit… Exemples ci-contre

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English text :

… I was criticizing in a former post the concept of « design classic » which has been stupidly over-used by people who had no clue what design was : a « design classic » is for me neither a half-god to adore, nor a label of « good taste » in your home… but design classics usually have become such because they are absolutely versatile… It works that way for Tulip chairs by Eero Saarinen, edited by Knoll… You may have seen them thousands of times, you still find them perfect… I myself have 3 my dad bought in the 1970s, and I know I will never get rid of them, simply they are so easy to reuse in any kind of home…

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Créé le 17/03/2008
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